Digestion et appareil digestif


L’appareil digestif est composé de nombreux organes : bouche, estomac, intestin grêle… C’est lui qui assure la digestion des aliments. Du début jusqu’à la fin, vous allez en savoir plus !

L’appareil digestif est responsable de la transformation des aliments. Ils les dégradent en protéines, en glucides, en sels minéraux, en oligo-éléments, en lipides et en d’autres substances utilisables par l’organisme. Il assure également le passage de ces nutriments dans la circulation sanguine de façon à ce qu’ils puissent être employés par l’organisme. Ces substances constituent les matières premières pour la fabrication, la réparation et le contrôle de nos cellules et des différents systèmes de l’organisme.

La bouche, première étape de la digestion

Le tube digestif commence avec la bouche, où les dents et la langue entament le processus de dégradation de la nourriture à l’aide de la salive sécrétée par les glandes salivaires.

L’action mécanique des dents est indispensable. Tout ce qui sera broyé dans la bouche, les enzymes de notre corps n’auront pas à le faire par la suite. Donc, prenez votre temps et mâchez! Votre corps vous remerciera et pourra dépenser de l’énergie à autre chose (comme se battre contre des infections par exemple…).

Pour aider les dents dans leur processus de broyage, il y a la langue qui ramène les aliments sous les dents et la salive. A savoir: on sécrète de 700 à 1500 ml de salive par 24 heures. Elle contient une protéine, la mucine, qui agit comme une sorte de mucus. En plus d’humidifier les aliments afin qu’ils soient plus facilement écrasables, la salive est composée de différentes enzymes dont l’amylase et la lipase. L’amylase va segmenter les chaînes d’amidon et le transformer en maltose. C’est donc bien dans la bouche que l’on commence à digérer les glucides. Quant à la lipase, elle s’occupe de fragmenter les chaînes moléculaires des graisses. La mucine citée plus haut a pour rôle de lubrifier le bol alimentaire pour lui permettre ensuite glisser plus facilement dans l’oesophage.

La salive possède aussi un antiseptique puissant: la lysozyme. Cette enzyme aide à tuer les indésirables microbes que nous pourrions ingérer.

 

L’estomac, un milieu acide hostile

L’estomac a une capacité moyenne d’un litre environ mais peut se distendre pour dépasser cette limite. Lorsque l’estomac est vide ou presque vide, sa muqueuse se contracte en formant des replis ou plissements gastriques. Alors qu’on pensait autrefois que les contractions de l’estomac en l’absence de nourriture étaient la cause de la sensation de faim, on sait maintenant qu’elle est due principalement à la diminution du taux de glucose dans le sang (glycémie). Toutefois, les contractions et gargouillements de l’estomac peuvent souvent être ressentis comme des précurseurs de la sensation de faim.

Le travail des enzymes

Lorsque la nourriture mastiquée arrive dans l’estomac via l’oesophage, les glandes gastriques sécrètent de l’acide chlorhydrique et des enzymes, comme les peptidases et la lipase.

Comme dans la bouche, la lipase de l’estomac va continuer à fragmenter les graisses.

Les peptidases sont une grande famille d’enzymes ayant pour rôle la fragmentation des protéines. La plus connue est la pepsine. Cette dernière a besoin d’être en milieu acide pour faire son travail. Ainsi, plus vous mangerez de protéines, plus l’estomac produira de l’acidité pour permettre à la pepsine de digérer les protéines.

D’autres part, il faut savoir aussi que même si beaucoup d’enzymes sont présentes dans l’estomac, elles ne travaillent pas complètement simultanément. Il y a une hiérarchie dans la digestion. Disons plutôt qu’il y a une priorisation dans la digestion. Tout le bol alimentaire va être soumis aux enzymes gastriques au même moment. Mais les enzymes gérant les protéines seront plus nombreuses au début. Et comme expliqué plus haut, les protéines ont besoin d’être en milieu acide pour être fragmentées. Or, toute cette acidité provoque une fermentation des sucres et des graisses qui attendent leur tour pour être digérés. Qui dit fermentation, dit gazs; qui dit gaz, dit estomac ballonné; qui dit estomac ballonné, dit sensation de pesanteur, voire renvoi, voire reflux.

Conseils pour l’estomac

=> C’est pourquoi, il vaut mieux éviter de consommer des sucres rapides pendant un repas. Les sucres rapides devraient être consommés entre 16h et 18h. (je vous en dirai plus dans un article à venir). En ce qui concerne les graisses, elles sont nécessaires à notre bonne santé. Mais trop de graisse est délétère pour la ligne, pour le bon déroulé de la digestion dans l’estomac et encore plein d’autres raisons dont l’inflammation. (article à venir également)

=> C’est pourquoi, lorsque vous souffrez de reflux gastrique et/ou de brûlures d’estomac, il faut limiter l’apport en protéine et en graisse et ne pas consommer de sucres rapides au cours de vos repas.

Notez aussi que l’acidité de l’estomac permet encore de tuer les microbes ayant résister à notre salive.

Continuons le long chemin du bol alimentaire qui a désormais changé de nom et se nomme le chyme.

Le duodénum: carrefour de l’estomac et de l’intestin grêle; le foie et le pancréas entrent en action.

Avant de sortir complètement de l’estomac, le chyme doit être digéré à présent par les enzymes du pancréas et du foie. La bile fabriquée par le foie et stockée dans la vésicule biliaire va se décharger dans le duodénum pour alcaliniser le chyme. C’est à dire que la bile va rendre le chyme moins acide. En effet, les sucs pancréatiques ne peuvent pas travailler en milieu acide. Donc, une fois que le pH du chyme est remonté, les sucs pancréatiques vont continuer la digestion des protéines avec d’autres peptidases, des graisses avec des lipases et encore des sucres avec des amylases.

A ce stade, les molécules sont extrêmement fragmentées et l’absorption de certaines peut commencer.

L’intestin grêle : un tube de plus de six mètres

En lui-même, l’intestin grêle est un tube enroulé étroit, mesurant environ 6 à 7 mètres de long. Il s’étend du duodénum jusqu’à l’orifice iléo-cæcal (le fameux caecum qui est souvent douloureux en shiatsu).

Les aliments traversent le tube digestif grâce aux contractions ondulatoires de la paroi intestinale. C’est le péristaltisme. Les aliments en cours de digestion passent par les millions de villosités présentes sur la paroi interne des intestins. Ces villosités sont composées de différents types de cellules dont les plus nombreuses sont les entérocytes, eux-mêmes porteurs de micro-villosités. Les entérocytes servent d’intermédiaires entre l’intérieur des intestins et la circulation sanguine et lymphatique.

Les capillaires des intestins sont reliés au système circulatoire général. Le corps va pouvoir commencer à bénéficier des nutriments que vous avez avalés il y a quelques heures.

Les premiers à être absorbés seront une partie de l’eau, les électrolytes et les vitamines. Ensuite, viendront les glucides, les lipides, les protides, le calcium, le fer et les vitamines liposolubles. A la fin de l’intestin grêle, ce seront la vitamine B12 et les sels biliaires. Tout le monde va, via les entérocytes, se retrouver dans la circulation sanguine. Via la veine porte, ils seront envoyés au foie qui assurera leur distribution vers les organes.

Le gros intestin: la fin du parcours

Toute matière alimentaire non absorbée est stockée dans le gros intestin, jusqu’à ce que l’organisme ait partiellement réabsorbé l’eau qu’elle contient. Le reste est propulsé vers le rectum pour être expulsé par l’anus. Le gros intestin se divise en huit segments : le cæcum, l’appendice vermiculaire (c’est elle qu’on enlève lorsque l’on fait une crise d’appendicite), le côlon ascendant, le côlon transverse, le côlon descendant, le côlon sigmoïde, le rectum et l’anus.

Et le microbiote alors?

Le fameux microbiote! Le microbiote est le nom donné à la ribambelle de bactéries présentes dans notre tube digestif. Et oui, nous comptons dix fois plus de bactéries dans notre corps (10 puissance 14, soit 100.000.000.000.000, cent mille milliard de bactéries) que de cellules (10 puissance 13, soit dix mille milliard)! La quantité n’empêchant pas la diversité, nous hébergeons environ 500 espèces bactériennes différentes appartenant à près de 90 genres définis.

On peut distinguer trois grands groupes de la flore intestinale:

  • dominante (99%): bifidobacterium, lactobacillus, bactéroïdes (non pathogènes)
  • sous-dominante (1%): eschericha colii, enterococcus, streptococcus
  • résiduelle (<0,01%): proteus, clostridium, staphylococcus, pseudomonas, levures (ex: candida)

Le rôle des bactéries

Mais comme je dis souvent à mes enfants, ce sont de gentilles bactéries. Nous vivons en harmonie avec elles. C’est une belle illustration de la symbiose entre différents êtres vivants. Oui, les bactéries sont vivantes. Ne soyez pas dégoutés, sans elles, nous mourrions. Elles nous aident à digérer de bons nombres d’aliments. Le bol alimentaire ne peut effectivement pas être digéré seulement par nos enzymes. D’autre part, la digestion demande beaucoup d’énergie au corps. Et les bactéries nous en fournissent également. En échange, nous leur apportons des fibres alimentaires, les fruto-oligo-saccharides (FOS), dont elles ne nourrissent.

Je récapitule. Les bactéries présentes dans notre intestin se nourrissent de fibres alimentaires apportés par notre alimentation. En échange, elles nous aident à terminer la fragmentation de chaines moléculaires variées et nous fournissent de l’énergie.

Un équilibre fragile

Mais attention! Cette symbiose est menacée si l’alimentation est déséquilibrée. En effet, les bactéries étant vivantes, elles se reproduisent en permanence. Et meurent aussi d’ailleurs. 30 à 50% de nos selles sont composées de bactéries mortes. Les bactéries se multiplient en fonction des ressources mises à leur disposition. Si nous mangeons trop de protéines, ce sont les bactéries de la putréfaction qui prendront le dessus. La plus part du temps, elles nous donnent des gazs qui sentent très mauvais. Si nous mangeons trop de glucides, ce sont les bactéries de la fermentation qui se développeront en excès. Elles nous donnent des ballonnements importants et des gazs peu odorants. Un déséquilibre de cette flore intestinale s’appelle la dysbiose.

Dans l’énumération ci-dessus des principales bactéries composant notre flore intestinale, vous avez certainement remarquer des bactéries pathogènes comme les staphylococcus ou les candida. Un déséquilibre alimentaire peut effectivement développer ce type de bactérie et nous faire basculer dans la maladie. On y remédie par un réensemencement de la flore par des probiotiques et surtout par une alimentation appropriée. Certaines infections graves peuvent nécessiter la prise d’antibiotiques.

Tiens, d’ailleurs les antibiotiques nous font souvent mal au ventre? Et oui! Ils tuent les bactéries pathogènes mais également les bonnes bactéries. Imaginez que c’est un puissant coup de karscher pour tout nettoyer.

=> C’est pourquoi il est indispensable de faire une cure de probiotiques lors d’un traitement antibiotique. Mais attention! On ne prend pas les deux en même temps. Non seulement on risquerait de diminuer les effets du médicament mais en plus les bactéries des probiotiques se feraient tuer. On prend donc ses probiotiques à distance des antibiotiques.

Le shiatsu du système digestif

sur la zone

Les pressions shiatsu sur l’abdomen seront assurément bénéfiques pour le système digestif. La mobilisation des organes (parfois douloureuse) et la chaleur apportée par les mains vont permettre aux organes de bien respirer, de mieux fonctionner.

motricité

La motricité décrit les mouvements passifs des organes. Par exemple, lorsque l’on se penche d’un côté, non seulement notre colonne va se fléchir mais les organes vont suivre ce mouvement. La position assise comprime les intestins. La posture allongée procure une meilleure position globale aux organes du système digestif.

mobilité

La mobilité représente le mouvement entre deux organes ou entre un organe et la paroi du tronc. Par exemple, lors de la respiration, le diaphragme se soulève. Dans son mouvement il permet à la cage thoracique de se gonfler et pousse les viscères vers le bas.

La libération du diaphragme avec des pressions shiatsu va permettre un mouvement plus aisé des organes et de  la cage thoracique.

motilité

La motilité est le mouvement intrinsèque de chaque organe. On peut la comparer à la respiration d’un organe. Ces mouvements sont lents et de faible amplitude. Mais ô combien indispensables!

En travaillant avec les pressions shiatsu en zone abdominale, on agit directement sur la motricité et la mobilité des organes. L’organe ne sera plus collé ou rigide. Ainsi il pourra mieux fonctionner. Le shiatsu a donc une influence positive sur la motilité.

à distance anatomique

C’est bien en travaillant avec des pressions shiatsu tout autour du rachis (colonne vertébrale) qu’on aura une action sur le système digestif. En effet, nous allons libérer les tensions musculaires autour des racines des nerfs périphériques innervant chaque organe.

à distance énergétique

Si l’on travaille avec les méridiens, on dira qu’en effectuant des pressions sur le trajet énergétique d’un organe, on aide à améliorer son activité.

 

Conclusion

Le système digestif est un système extrêmement complexe mais tellement merveilleux. Il met en branle pas moins de sept organes, des centaines d’enzymes, tout un réseau de capillaires sanguins et lymphatiques et par dessus tout des bactéries qui nous veulent du bien. Il faut donc prendre soin de cette machine. Nous sommes ce que nous mangeons! Nos cellules se renouvellent en permanence et ceci grâce aux matières premières que nous mettons à leur disposition.

Si vous avez besoin de conseils alimentaires personnalisés, c’est par ici.

Le shiatsu est une bonne manière de stimuler ou d’apaiser ce système.

Prenez soin de vous!

Sources et crédits images: Ecosystème intestinal et santé optimale du Dr Mouton Editions Résurgence, Ostéopathie viscérale Principes et Techniques d’Eric Hebgen Editions Maloine, vulgaris-medical.com, dolcissimo.com, monografias.com, afblum.be, ismphotos.com, docteurclic.fr, bien-dans-sa-peau.fr

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