Témoignage Lena – enfant autiste non verbal


Les 6, 7 et 8 avril 2018 avait lieu à Disneyland Paris le salon international de l’autisme. Le Syndicat Professionnel du Shiatsu était présent et m’a demandé d’apporter mon témoignage. En effet, depuis septembre 2017, je reçois régulièrement au cabinet Léna, enfant de maintenant 9 ans, diagnostiquée autiste sévère non verbale.

TEMOIGNAGE

Ce que le shiatsu a apporté à Léna, enfant autiste sévère non verbale

Histoire d’une belle rencontre

 

Léna est une enfant dont l’autisme a été diagnostiqué lorsqu’elle avait deux ans et demi.

Les médecins la disent « autiste sévère non verbale » car elle a des retards de motricité et ne prononce aucun mot.

 

Aujourd’hui, Léna a neuf ans.

Elle est arrivée pour la première fois dans mon cabinet en septembre 2017 grâce à Dominique, une bénévole de l’association AEVE. Sans expérience particulière avec les personnes autistes, j’appréhendais cette rencontre. Et le premier contact fut assez explosif. Le lieu était nouveau, on se ne connaissait pas. Léna s’est jetée par terre, gémissait, ne cessait de tourner dans tous les sens, jetait les objets par terre. Malgré cette forte agitation, j’ai réussi, en douceur, à poser mes mains sur elle et exercer quelques pressions sur ses membres. Depuis, nous nous voyons régulièrement, plusieurs fois par mois.

Après six mois d’accompagnement, quels changements ! Léna me gratifie à sa manière d’un bonjour qui ressemble à un câlin ou à un « pousse-toi de mon chemin, je descends au cabinet ». Elle s’allonge volontiers sur le tatami. Elle se relève toujours beaucoup durant les séances et il faut la suivre dans le cabinet pour continuer le shiatsu. Il y a des jours avec et des jours sans. C’est comme ça.

Mais une complicité s’est installée entre elle et moi. J’ai des sourires, des regards appuyés. Elle reçoit très bien. Elle a même compris que certaines pressions lui faisaient particulièrement du bien et parfois elle prend ma main et me montre où elle souhaite recevoir les pressions shiatsu.

En communication régulière avec Dominique et aussi sa psychologue, nous faisons le point sur les progrès de Léna.

Ce qui a été constaté :

  • un développement moteur accéléré : Léna utilise plus ses bras. Par exemple, elle se rince elle-même les cheveux avec la douchette après le shampooing,
  • une meilleure acceptation du contact physique : sa maman peut enfin lui passer la main dans le dos (geste non toléré il y a encore quelques mois),
  • un rythme de sommeil plus régulier (avant les nuits de Léna étaient très aléatoires),
  • meilleure concentration et meilleure participation sur les ateliers proposés en centre,
  • conscience de soi et affirmation de soi,
  • un apaisement global.

Voilà aujourd’hui ce que le shiatsu a pu apporter à Léna.

 

A présent, nous nous connaissons bien toutes les deux. Je sais qu’elle apprécie lorsque je travaille sur son ventre. C’est souvent par là que nous commençons (mais pas à chaque fois. On s’adapte toujours.) On rigole lorsque je tire sur ses doigts et ses orteils. Son dos, sa nuque et son crâne ont besoin d’être soulagés. Mais ce n’est pas encore toujours facile.

 

De l’avis de toutes les personnes qui partagent son quotidien, entourage et professionnels de santé, depuis qu’elle reçoit des shiatsus régulièrement, Léna est une enfant plus sereine, elle fait moins de colère, elle utilise plus son corps, elle sourit de plus en plus, elle avance bien.

Le mois dernier, on l’a même entendu dire deux mots !

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